2011/10/30

carte postale







En 1989, une rumeur circulait entre les enfants en Corée. Elle parle d’une grand-mère devenue mi-chat, mi-homme après avoir perdu la vie dans un accident d’avion partant de Hongkong. Pour calmer sa faim, elle cherche des enfants en fin d’après-midi, et elle est particulièrement friande des parties blanches du corps comme les ongles, les yeux et les dents. Il faut donc bien cacher ces trois parties si on la croise. J’avais trois ans, lorsque mes grands cousins m’ont raconté cette histoire pour m’effrayer bien qu’ils aient aussi peur. Cette histoire de revenant s’est répandue très rapidement au sein de la société, et pas seulement chez les enfants. En effet, les adultes n’ y ont peut-être pas cru, mais ont eu un doute sur un danger potentiel. Cette légende urbaine a pris de telles proportions qu’elle fut mentionnée sur la chaine nationale MBC le 24 Juin 1989, lors du journal télévisé de 21 heure, pour rassurer la population. Mais cela n’a pas suffit, ce phénomène social a continué à travers diverses adaptations au cinéma, dans les émissions de télévision et la littérature jeunesse. 
Les cartes ont été envoyées aux étudiants de notre école sans les prévenir. Ils les ont donc reçu en s’interrogeant sur leur provenance avant de comprendre que j’en étais l’auteur. Je voulais que mes trois « maximes » circulent et tournent dans la conversation des gens. Cette histoire a pris corps encore une fois à travers la parole. Je voulais faire revivre comme dans le film Exorcist¹ la possession démoniaque du corps par l’esprit. L’écriture est ce qui reste après la mort de l’écrivain. Mais le fantôme reste impuissant parce qu’il ne possède que l’écriture. Cependant son désir d’existence l’oblige à emprunter un corps qui n’est pas le sien.

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